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INTERVIEW. CLAUDY SIAR

Claudy Siar est un des personnages inspirants de ces dernières générations. Né dans le 11e arrondissement de Paris, il a commencé sa carrière comme danseur puis chanteur, animateur de radio et de télévision. Passionné de journalisme, il produit « Couleurs tropicales » sur RFI et est également fondateur de la station de radio Tropiques FM. Le 25 mars 2011, il est nommé Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer. Aujourd’hui, nous pouvons le voir sur France Ô dans son émission le « Claudy Show » dont il est le producteur avec Charlotte Delachaux.

Claudy Siar a accepté de nous rencontrer pour nous parler de son parcours professionnel, sa résistance pour Tropique FM et sa vision de la société actuelle… Interview !

NN: Comment est né votre gout pour le journalisme ?

Claudy Siar: C’est très simple, si je remonte dans mon histoire, il y a eu un élément déclencheur dans ma vie. Je suis en pension, et ma mère a eu la lumineuse idée de m’abonner au courrier de l’Unesco. Je découvre un reportage sur l’Afrique du sud, et les conditions de vies des noirs. Ainsi, je découvre que le salaire d’un mineur noir est inférieur de 50% à celui d’un blanc pour une seule et unique raison : il est noir… un sentiment d’injustice m’a envahi. A partir de là, malgré mes passions pour la danse, la musique, je savais que je devrai choisir un métier qui me permettrait de dénoncer tout ce qui est inacceptable dans ce monde.
Je veux défendre mon identité avec un objectif : faire en sorte que les miens comprennent quel est le chemin à emprunter, pour se reconstruire eux-mêmes et construire un avenir pour leurs enfants, et ainsi se débarrasser de toute forme de complexe vis à vie de l’autre.
« Si vous faites les choses consciencieusement et avec détermination, vous pouvez récolter le fruit de votre labeur…»

NN: Vous passez de la viticulture au journalisme, cette prise de conscience a été un peu soudaine, comment cela se fait-il ?

C.S: J’étais en pension dans une famille de viticulteur/agriculteur, tout ça m’a nourri dans le sens où je voyais l’importance du travail…la colonne vertébrale de la vie. Si vous faites les choses consciencieusement et avec détermination, vous pouvez récolter le fruit de votre labeur. Je me souviens d’avoir quitté la pension à 15 ans environ et cette année-là, la chaîne Antenne 2 diffusait« Racines ». Ce feuilleton a été pour moi un moment de révélation car je savais que mon histoire venait de là. Et c’est là que j’ai su que je ne serai pas un homme « comme les autres ».
NN: Est-ce que c’est cela qui vous a poussé à devenir un « boulimique du travail » et à vous lancer dans plusieurs projets qui vous ont amené à RFI en 1995 ?

C.S: Avant ça il y a beaucoup de choses. Quand j’étais en pension j’allais chercher le bois, faisais la vaisselle, travaillais dans les champs … et tout ça a été très important pour moi. J’étais dans une famille blanche , ma deuxième famille qui m’a beaucoup appris. Cette mixité ethnique m’a également permis de relativiser mes rapports avec les autres sur des sujets assez conflictuels. Grâce à ça j’ai eu un autre regard, j’aurai pu être un enfant extrêmement en colère et enragé, mais ce n’est pas le cas, j’ai pris du recul sur les épisodes du passé pourtant très présent.
NN: Comprenez vous ces personnes qui n’arrivent pas à prendre du recul par rapport aux éléments du passé ?

C.S: Evidemment que je les comprends, et c’est parce que je les comprends que j’arrive à parler avec eux et que j’arrive à leur dire qu’il y a un autre chemin. Un autre monde est possible.
C’est dans cette logique là que je deviens militant vers 16/17 ans dans la région parisienne. Ce que je souhaite : changer le monde et faire en sorte que les nôtres soient forts.
NN: Vous arrivez à ce moment-là pratiquement en même temps que la génération hip hop qui avait déjà un message très fort?
C.S: On est avant la génération HIP HOP. Mais pour nous dans cette génération «Burn Hollywood burn » il y avait un message très clair, on avait envie de dire la même chose au milieu français du cinéma et de la télévision.
«Toutes les musiques populaires que nous connaissons n’auraient pas cette sonorité s’il n’y avait pas eu l’apport de l’Afrique »

NN: A cette époque-là, il est assez facile de s’identifier à ces noirs américains ?

C.S: Oui, on s’identifie car on sait que l’histoire est la même concernant la déportation et la servitude. Lorsqu’on parle de l’Amérique du sud/nord, ou des caraïbes, on parle de pays hispanophones ou anglophones francophones mais il ne faut pas oublier que ce sont des terres imprégnées par l’africanité. Elles le sont aujourd’hui encore. D’ailleurs toutes les musiques populaires que nous connaissons n’auraient pas cette sonorité s’il n’y avait pas eu l’apport de l’Afrique.
Mais pour voir l’ampleur de la tragédie, il suffit de voir les millions de noirs à travers cette région du monde. Malgré le taux de mortalité important qui existait chez les esclaves voir autant d’afros signifie que l’ampleur du crime de l’esclavage fut énorme. Nous sommes conscients de tout cela. Nous avons besoin de nous appuyer sur cette africanité parce que pour nous, c’est la terre du départ la terre vidée de ses forces vives ! C’est la partie meurtrie de nos êtres ! Puis nous en avons besoin pour expliquer qui nous sommes. Certains de mes amis disent : nous la caraïbes on s’en fout, seule l’Afrique compte ! Je réponds que non, nous sommes le fruit de cette terre caraibeenne , c’est pour cela que je parle souvent de mon passé dans le sud. Je me définis comme étant un afro-caribéen de la Guadeloupe né à Paris et ayant passé une partie de mon enfance dans un petit village. Pour que les gens apaisent les douleurs en eux ils doivent accepter qui ils sont. Il y a une réelle par d’africanité chez l’antillais, mais ce n’est pas pour autant qu’il doit rejeter son indianité et son europeanité.
«Pour que les gens apaisent les douleurs en eux ils doivent accepter qui ils sont »

NN: Donc après tout ça, votre travail vous a mené à RFI ?

C.S: Lorsque j’arrive à RFI, j’arrive avec une image de militant engagé. Je rêvais d’être en prise directe avec l’Afrique. Je voudrais rappeler que je suis le premier à avoir organisé une manifestation devant Antenne 2 suite à la diffusion de propos à tendance racistes envers les noirs de Charles Trenet disant : « les noirs sont gentils on les aime bien … il y a des artistes noirs de talent or les noirs n’ont rien fait, ils n’ont pas construit ni la tour Eiffel ni les pyramides ». Mais mon problème n’était pas Charles Trenet mais la diffusion par le service public de propos insultant envers une frange de la population française. Deux ans plus tard, je suis encore le premier à organiser le 23 avril 93 la première marche de commémoration de l’abolition de l’esclavage. En 1992 l’Espagne commémore la dite « découverte de l’Amérique par Christophe ». Or, pour moi il n’y a pas de découverte, vu qu’il y a déjà des êtres humains qui vivaient sur ces territoires. Livingstone disait « rien n’existe tant que le blanc ne l’a pas découvert . Par l’organisation de cette marche commémorative de l’abolition de l’esclavage je souhaite interpeller le monde sur l’oubli du génocide du peuple autochtone et la déportation des peuples d’Afrique pour être des esclaves. J’interpelle la France sur le modèle de société qu’elle veut pour demain.
NN: A cette époque-là, le contexte racial est assez compliqué ?
C.S: Il y a une loi contre le racisme qui a été renforcée en 1992 mais sinon il n’y avait rien pour notre défense. Parce que pour les gens, nous n’existons pas ou si peu. Pour certains c’est une victoire d’avoir organisé ça. Le but était aussi d’informer que chez nous , les noms de famille ont été donnés par l’administration coloniale…des noms parfois ridicules et humiliants. Mon travail n’a pas plu à tout le monde.
NN: Comment vous est venue l’idée de tropique FM ?
C.S: L’idée pour moi était de créer une radio pour les individus originaires d’outre-mer ici, une radio qui devait leur permettre de devenir le champ d’action de leurs propres ambitions, pour pouvoir se sentir plus forts et les pousser à se dépasser dans l’entrepreneuriat ou dans d’autres domaines. Une radio pour construire une communauté. J’étais dans l’idée du partage.
« Je suis le genre d’individu qui se sent solidaire avec chaque individu quel que soit son origine… Je me sens palestinien lorsqu’Israël bombarde la Palestine »

NN: Vous parlez de communauté en refusant l’idée du communautarisme ?
C.S: Communautarisme pour moi ne veut rien dire. Si on veut me dire qu’être communautariste c’est faire des choses pour sa communauté qui n’a pas les mêmes chances que les autres et qui a le poids de l’histoire sur les épaules alors oui je suis communautariste. Je suis avant tout un homme qui se sent proche des plus faibles. Je suis le genre d’individu qui se sent solidaire avec chaque individu quel que soit son origine. Par exemple « je me sens palestinien lorsqu’Israël bombarde la Palestine ».
NN: Pour revenir à Tropique FM, on peut dire qu’elle est communautaire ?

C.S: Oui c’est une radio communautaire, c’est ce qu’a voulu l’état français en donnant des fréquences à des communautés que ce soit beur FM, RadioJ, Africa N1 … C’est pour ça qu’on ne peut pas me jeter la pierre. Je respecte le cahier des charges que je me suis imposé en créant le projet TropiquesFM. Le CSA m’a fait confiance pour ce projet et pas un autre.

NN: NegroNews a ce type de problème d’ailleurs, question communautarisme, beaucoup ne comprennent pas..

C.S: C’est une façon pour les autres de rejeter toutes nos revendications légitimes et notre aspiration à être traités de la même façon dans un pays qui est le nôtre. C’est un réflexe de protection et de conservatisme de la part de gens qui ont ce sentiment de perdre l’image d’une France fantasmé. Si en 1900 être français était être blanc et chrétien , en 2014 il n’y a pas de couleur ni de religion pour être français. Si la France n’avait pas été une nation colonisatrice, elle n’aurait pas sur son sol autant de gens venus d’Asie, de toute Afrique … et si elle n’avait pas été esclavagiste elle n’y aurait probablement pas eu tant de français noirs.

NN: Il y a une récente histoire avec Tropique FM qu’on découvre avec votre dernière vidéo du 4 septembre, vous sentez vous soutenu par la communauté ?

C.S: Oui il y a beaucoup de soutiens, d’artistes de politiques… mais la situation est triste. J’ai a faire à un homme qui ne recule devant rien…vraiment rien pour conserver un butin. C’est un homme que j’ai amené dans mon projet. Que j’ai gardé avec lorsque le CSA me le déconseillait …un homme qui m’a trahi au bénéfice de son clan familial et au détriment du projet initial. Un homme qui parle de profit lorsque nous parlons de mission et de respect de nos identités.

NN: Vous aviez été nommé délégué interministériel pour l’égalité par Nicolas Sarkozy, ne regrettez-vous pas cette décision ?

C.S: Non j’ai fait mes choix, je les assume jusqu’au bout. Si on le dit comme ça on pense qu’il y a une lecture politique, ce qui est faux. Grâce à ce poste j’ai pu apporter à ma communauté dont les illimités dans la téléphonie mobile en outre-mer, le programme « Solidarité » grâce auquel nous avons aidé les plus pauvres, « Nos Outre-mer ont du talent » dispositif à destination des jeunes diplômés…. Je suis dans une fonction, je suis dans l’action et je reste un militant. Par exemple le monde de la musique est important pour nous. J’ai invité tous les professionnels de la musique à se réunir pour qu’ils réfléchissent à travailler ensemble et créer une structure face à un ensemble qui nous oublie. C’était les premières assises des professionnels des musiques d’outre-mer… Une première dans l’histoire.

NN: Cette affaire de tropique FM ne renforce-t-elle pas le cliché «le noir n’aime pas voir son frère réussir » ?

C.S: Dans cette histoire-là, cet homme n’est pas mon frère. La vraie question est : quelle est notre capacité à défendre quelque chose qui va nous construire plutôt que quelque chose qui va nous donner une image de superficialité ?
Depuis cette histoire, j’ai pu lire ou entendre des choses qui m’ont particulièrement choqué, par exemple : « Claudy SIAR originaire d’outre-mer contre son associé le franco-camerounais : Stephane MANGUE ». C’est un conflit entre deux individus ! Honte à celui qui en fait une affaire ethnique . C’est minable. Lui l’a fait et cela ne fait que confirmer vos propos , oui certain joue contre leur camp.
Je l’ai appelé comme financier, il n’était pas là pour autre chose. Il est français comme nous tous mais il n’appartient pas à cette communauté…comme mon autre associé Patrick Lemure. On choisit les personnes pour leurs compétences pas pour la couleur de leur peau. Les combats que nous menons, il ne peut pas les comprendre vu qu’il n’a jamais été engagé et je ne le lui reproche pas. Mais qu’il n’entrave pas nos actions pour l’intérêt général. Personne ne prendra ce qui appartient aux miens et je me battrai jusqu’à la mort pour ça. J’en ai marre des gens qui aiment un territoire mais qui ne s’engagent jamais pour celui-ci, il faut arrêter avec cette hypocrisie.

NN: Ça vous a toujours motivé de briser les barrières entre africains et antillais qui se divisent ?

C.S: Pour moi oui c’est un vrai combat, on a une histoire commune et un vécu commun. Ce qui ne doit pas faire de nous des personnes en marge du reste de l’humanité.

NN: En ce qui concerne les antillais et les africains de France, vous les voyez comme des frères. Pour vous n’est-il pas difficile pour eux de se sentir français et de ressentir ce lien dans le pays de ceux qui les ont séparés ?

C.S: Je ne leur demande pas d’accepter une identité, c’est juste une question de droit. Chaque français doit avoir les mêmes droits. Je crois que la France se trompe en pensant qu’il peut y avoir une identité nationale. Je ne crois pas qu’il peut y avoir une identité monolithique. Il y a plusieurs identités, la mienne est afro-caribéenne et ma nationalité est française. Je peux perdre ma nationalité française mais je garderai mon identité.

NN: Il y a bien une différence entre identité et nationalité, ça va à l’encontre de ce que dit Lilian Thuram qui parle « d’identité française » pour les afro-descendants.

C.S: Je ne suis pas dans la logique de l’identité française car pour moi il ne peut pas y avoir une identité française. Si vous dites ça dans un pays comme la France ou il y a autant de gens et autant de différences, vous ne faites que créer le terreau pour des conflits.

NN: Que pensez-vous de la situation des noirs de France ?

C.S: Elle est catastrophique mais en amélioration car il y a une prise de conscience et de part et d’autre. Cette amélioration n’est pas dans les symboles que l’on brandit à la télévision.
« On a toujours senti ce genre d’attitude et ce besoin de justice abusive quand il s’agit de nous »

NN: Il y a Kemi SEBA qui a accéléré cette prise de conscience et ce militantisme qui a été emprisonné qu’en pensez-vous ?

C.S: Son incarcération me choque parce qu’au-delà du fait qu’il y ait eu condamnation et qu’il ne se soit pas présenté… il y a là un délit de « sale gueule évident. On a toujours senti ce genre d’attitude et ce besoin de justice abusive quand il s’agit de nous. Je peux ne pas être d’accord avec certaines prises de position de Kemi Seba ce qui ne doit pas priver la France d’entendre son message. C’est celui d’un homme qui exprime des réalités. Je ne suis pas d’accord avec les prises de positions de beaucoup de monde qui osent tenir des paroles racistes dans les médias et eux ne sont pas emprisonnés on les voit dans les médias …l’un d’entre eux et même à l’académie française. Par exemple il y a eu récemment divers hommages justifiés à Brigitte Bardot, BB qui a été condamné pour incitation à la haine raciale.
Il faut que l’égalité dans notre pays soit totale. L’affaire du conseil d’état qui se réuni et décide en 45mn du sort de quelqu’un alors que le tribunal a autorisé la production du spectacle de Dieudonné, à scandalisé une partie du peuple français…à tort ou à raison.

NN: Que pensez-vous de l’émergence de nouveaux Médias Noirs ?

C.S: Plus des femmes et des hommes prennent la parole et la donnent à d’autres et créent des plateformes pour que la parole se libère et sois comprise, je dis oui. C’est la génération consciente et agissante.

NN: Parmi toute les citations répertoriées par NegroNews, laquelle préférez-vous ?
C.S: Dans ma démarche je souhaite montrer aux nôtres qu’on peut créer notre monde donc la citation que je préfère (même si il y a plus actuelle dans le genre conscient) est : « Combien de temps allons-nous nous asseoir et supplier les blancs de faire pour nous ce que nous avons le pouvoir de faire pour nous-mêmes ? » de Louis FARRAKHAN

NN: Si vous aviez un dernier message à passer à nos lecteurs?
C.S: Il ne faut jamais perdre de vue que l’humanité est unique et indivisible. Mais il y a une différence entre les êtres humains et je le déplore. Certains ont eu le pouvoir par la technologie, leurs esprits conquérants et dominateurs pour asseoir le pouvoir sur le reste du monde. La situation des noirs ne changera pas si on ne comprend pas le fonctionnement du système mondial.
Les occidentaux ont créé un système mondial pour terminer d’asseoir leur domination. Ils n’ont pas mis en place un système pour qu’il y ait égalité entre les peuples. Ils ont décidé qu’ils seraient les maitres, qu’il y aurait des challengers, d’autres qui seraient dans la servitude et dont les terres seraient le grenier pour le reste du monde. Nous sommes le peuple de la servitude et nous devons en sortir. Nous sommes les maîtres de nos destins pour paraphraser Mandela . Si nous comprenons cela, nous comprenons que notre situation est extrêmement grave et préoccupante. Que faisons-nous pour changer la situation ?
S’unir pour bâtir c’est grandir ensemble. Si nous ne comprenons pas la force de l’union et de la construction, nous continuerons à être des peuples qui courbons l’échine. Et moi je le dis avec beaucoup de prétention, je ne suis pas né pour accepter la condition d’une majorité des miens, je suis né pour, avec d’autre , changer le monde.
NegroNews

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